ET ALORS ? L’ATELIER DU FILM LE DÉLUGE ? C’ÉTAIT COMMENT ? 🤔
Entre février et juillet 2025 à Noisy-le-Grand, nous avons mené un atelier d’initiation aux métiers du cinéma à travers la réalisation du court-métrage Le Déluge, réalisé par Nicolas Boulasma.
Ce projet s’inscrivait dans une démarche à la fois artistique, pédagogique et citoyenne, avec pour objectif principal de sensibiliser les jeunes au harcèlement scolaire et au cyberharcèlement à travers le cinéma.
L’atelier a débuté en février, le temps de consolider les partenariats indispensables à sa mise en œuvre. Dès les premières étapes, une collaboration étroite s’est mise en place avec les services jeunesse de la ville, notamment Les clubs de jeunes du Champy et du Pavé Neuf, partenaires de confiance avec lesquels nous avions déjà travaillé.
La première phase du projet a été consacrée à l’écriture et à l’analyse du scénario, rédigé en amont par le réalisateur. Une structure de base existait déjà, mais l’objectif était de la lire, de la questionner et de l’enrichir collectivement avec un groupe d’une dizaine de jeunes. Deux séances de travail ont été organisées en février et mars, afin de présenter le projet et d’aborder les fondamentaux de l’écriture scénaristique : construction des personnages, cohérence de l’histoire, dialogues et enjeux émotionnels.
Les participant.e.s ont ensuite apporter leurs idées et leurs remarques. Ce travail collectif a permis d’affiner le récit et de renforcer leur implication dans le processus de création.
Initialement, le tournage devait avoir lieu durant les vacances scolaires d’avril. Toutefois, il est rapidement apparu que les délais étaient trop courts. Il a donc été décidé de reporter le tournage à la fin de l’année scolaire, afin de prendre le temps de préparer le projet dans de meilleures conditions.
La seconde phase a débuté au mois de mars avec l’organisation d’un casting. Pour cela, deux directrices de casting professionnelles ont rejoint le projet. L’objectif était de diffuser largement l’information et d’aller à la rencontre des jeunes dans différents quartiers de la ville. Des sessions ont été organisées tous les mercredis et samedis après-midi.
Ce travail de terrain a été mené en collaboration avec de nombreux partenaires locaux : maisons pour tous, clubs de jeunes, associations culturelles et sportives, ainsi que le collège Victor Hugo. Cette diversité de lieux et d’acteurs a permis de toucher un public large, issu de différents quartiers de Noisy-le-Grand.
Les ateliers d’improvisation ont constitué un élément central de cette phase. Les jeunes, répartis en petits groupes, ont été placés dans des situations inspirées du thème du harcèlement scolaire. Ils ont été amenés à changer de rôle — harcelé, harceleur, témoin — ce qui a favorisé la compréhension du sujet, le développement de l’empathie et la prise de confiance à l’oral.
Ces séances ont permis d’identifier les jeunes les plus à l’aise en vue du tournage. Les participant.e.s sélectionné.e.s ont ensuite bénéficié d’un accompagnement spécifique, avec un coaching assuré par un acteur professionnel, ainsi que plusieurs séances collectives destinées à préparer le tournage et à renforcer la cohésion du groupe.
Par ailleurs, une séance de sensibilisation au harcèlement scolaire et au cyberharcèlement a été organisée en partenariat avec l’association E-enfance.
La troisième phase du projet correspond au tournage du court-métrage, qui s’est déroulé du 4 au 11 juillet 2025, principalement dans le quartier du Pavé Neuf, au Collège Victor Hugo à Noisy-le-Grand ainsi qu’à Neuilly-sur-Marne.
Durant cette période, les jeunes ont participé activement à l’ensemble des étapes du tournage. Ils ont pu expérimenter différents postes : jeu d’acteur, cadrage, prise de son, régie ou encore réalisation du making-of. Encadrés par des professionnel.le.s, ils ont découvert le fonctionnement concret d’un plateau de cinéma ainsi que la complémentarité des différents métiers.
Cette immersion a permis de rendre le cinéma plus accessible et de montrer qu’il s’agit d’un travail collectif. Elle a également constitué une expérience valorisante pour les participant.e.s, leur permettant de développer des compétences techniques, mais aussi personnelles.
Au total, 159 personnes ont participé au projet, de près ou de loin, dont une majorité de jeunes âgés de 9 à 17 ans. La répartition équilibrée entre filles et garçons, ainsi que la diversité des quartiers représentés, témoignent de la volonté d’encourager la mixité sociale, culturelle et de genre.
Le projet a été très bien accueilli par les participant.e.s. Tous ont fait preuve de sérieux et d’implication tout au long de l’atelier. Des liens se sont créés entre des jeunes qui ne se connaissaient pas auparavant, et plusieurs d’entre eux ont exprimé le souhait de poursuivre dans le domaine du cinéma ou de l’audiovisuel, et certains ont déjà participé à de nouveaux castings.
Parmi les points d’amélioration identifiés, la principale difficulté a concerné la mobilisation des jeunes au démarrage du projet, notamment pour la phase de réalisation. En revanche, le casting organisé sur le terrain a suscité un engagement plus important. Ce constat confirme que le cinéma reste parfois perçu comme un domaine fermé ou difficile d’accès, et souligne l’importance de poursuivre ce type d’action pour le rendre plus accessible.
Plusieurs projections du court-métrage sont prévus en 2026, afin de valoriser le travail réalisé et de partager cette expérience avec le public. Ce moment viendra clôturer le projet de manière fédératrice.
Enfin, au regard de l’engagement des participant.e.s et de l’impact du projet, nous souhaitons renouveler ce type d’atelier à l’avenir. Bien que ce format nécessite des moyens importants, il constitue une opportunité rare pour les jeunes de participer à un véritable tournage professionnel. Nous poursuivrons également le développement d’actions complémentaires, avec la même ambition : permettre au plus grand nombre de découvrir et de pratiquer les métiers du cinéma et de l’audiovisuel à travers des projets pratiques et collectifs.